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On ne peut évoquer la question de la
création du séminaire Saint-Gall sans
mentionner un nom, celui de Mgr François
STEINMETZ.
Promu à trente huit ans évêque et nommé
Vicaire Apostolique, Mgr Steinmetz était
supérieur de Ouidah depuis 1898. Il a assumé
avec bonheur la charge du Vicariat
Apostolique du Dahomey, actuelle République
du Bénin, de 1906 à 1934. Son rêve était de
voir dans cette terre classique de
l’esclavage, des prêtres noirs rompre les
chaînes de leurs frères et se dévouer pour
eux, jusqu’à la mort. Le rêve de Mgr
Steinmetz rejoignait bien les préoccupations
du Saint Siège qui, à travers ses
intructions, voulait que les Supérieurs de
Missions considèrent comme un de leurs
principaux devoirs la formation d’un clergé
autochtone. Ainsi put-il compter sur l’aide
de ce dernier lorsque ce rêve se mua en
réalité.
En février 1914, sur la ferme Ste Jeanne
d’Arc des Pères S.M.A à Ouidah, Mgr
Steinmetz fait ériger un séminaire pour
accueillir, discerner et conduire à maturité
les vocations qui commençaient à se
manifester dans la mission de Dahomey. Le
Père Antonin Gauthier en était le supérieur.
Mais à peine ouvert, le séminaire a dû
refermer momentanément ses portes à cause de
la première guerre mondiale pour laquelle
presque tous les missionnaires avaient été
rapatriés pour être mobilisés. Il a fallu
attendre le 15 avril 1920 pour la
réouverture du séminaire de Ouidah avec un
nouveau directeur, le Père Parisot, futur
premier archevêque de Cotonou. Quelques
anciens élèves du séminaire comme Thomas
Mouléro et Gabriel Kiti qui avaient été
recrutés depuis 1914 revinrent, et beaucoup
d’autres nouveaux leur emboîtèrent le pas.
Très tôt, le séminaire connaît une envergure
régionale en accueillant les séminaristes de
quelques pays voisins. C’est le cas du Togo
qui enverra André Anaté le 27 mai 1921. Il
sera suivi en 1923 et en 1924 par le Nigéria
et la Côte d’Ivoire qui y envoient leurs
premiers grands séminaristes. Le nombre
croissant des élèves du séminaire en
imposait l’agrandissement.
L’année 1930 marque un tournant décisif dans
cet agrandissement avec l’inauguration d’un
Grand Bâtiment de deux étages (20 Juillet)
dont la première pierre fut posée le 19 août
1928. La construction de ce célèbre
bâtiment, prestigieux par sa tour de
33 mètres, a été parrainée par le diocèse de
Saint Gall en Suisse. En signe de gratitude,
le séminaire a changé de dénomination pour
devenir ‘’Séminaire Saint-Gall’’, abritant
petits et grands séminaristes.
Mais à partir de la rentrée 1948-1949, le
petit séminaire a été détaché du grand, à la
suite de la recommandation faite par le
Père Prouvoust, visiteur apostolique envoyé
par Pie XII pour constater la situation des
séminaires, lors de son passage à Ouidah en
1947. C’est alors que la maison devient ‘’le
Grand séminaire Saint-Gall’’ et reçut
officiellement de Rome son décret d’érection
le 27 juin 1952.
Depuis lors, malgré quelques crises de
vocations, le Grand Séminaire Saint-Gall n’a
cessé de connaître un agrandissement
manifeste. Cet agrandissement est symbolisé
par le rythme de la construction des
Bâtiments. En effet, après le Grand
Bâtiment, il y eut les Bâtiments 55, 70, 83,
86 et 93.
Les chiffres 55, 70, 83, 86 et 93
correspondent respectivement aux années
d’inaugaration des bâtiments désignés :
1955, 1970, 1983, 1986 et 1993. Le nombre
des séminaristes a été aussi en général
croissant.
Le séminaire de Ouidah est
toujours resté fidèle à sa vocation de
former un clergé autochtone assez qualifié
pour la tâche. Il doit cette fidélité aux
soins de plusieurs générations de
formateurs. D’abord les Pères S.M.A qui
après la laborieuse investigation des
premières heures, ont passé à partir de la
rentrée 1955-1956 le témoin de la direction
du séminaire aux Sulpiciens qui à leur tour
le passeront à la rentrée 1971-1972 au
premier recteur noir, en la personne du Père
Moïse ACAKPO, diocésain. Depuis lors le
séminaire est dirigé par des diocésains.
Chaque nouveau recteur a droit à un mandat
de trois ans renouvelable une fois.
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